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On imagine l'agent au téléphone avec un attaquant de 19 ans. Mais le Code du sport, le règlement FFF et le règlement FIFA le disent tous : ton client peut aussi être celui qui compose l'équipe. Représenter un entraîneur, c'est le même métier sur le papier, mais avec d'autres textes à maîtriser, à commencer par le titre de la Charte du football professionnel consacré aux entraîneurs et les incompatibilités qui visent directement le banc de touche.
Un client prévu par tous les textes
L'article L. 222-7 du Code du sport, réécrit par la loi n° 2026-725 du 3 août 2026, définit l'agent sportif comme la personne physique qui met en relation, contre rémunération, deux parties intéressées par la conclusion ou la prolongation d'un contrat de travail « entre, d'une part, un sportif ou un entraîneur et, d'autre part » un club ou un organisateur de compétitions. L'entraîneur figure donc dans la définition même de ton activité. Le terme légal est désormais « carte professionnelle d'agent sportif », même si l'on parle encore de licence (voir la carte professionnelle).
Le Règlement des agents sportifs FFF 2026-2027 suit la même ligne dès ses dispositions préliminaires : l'activité consiste à mettre en rapport « un joueur / entraîneur et un club » en vue d'un contrat de travail. Côté FIFA, le Règlement sur les agents de football range l'entraîneur parmi les « clients » et le regroupe avec le joueur sous le terme « individu » (définitions).
Le contrat de l'entraîneur : Code du sport et Charte
Un CDD spécifique, sous conditions
L'article L. 222-2 du Code du sport vise « l'entraîneur professionnel salarié » : la personne dont l'activité principale rémunérée consiste à préparer et encadrer des sportifs professionnels salariés, et qui est titulaire d'un diplôme ou d'un titre prévu à l'article L. 212-1. Pour lui, le contrat est un CDD spécifique (art. L. 222-2-3), d'une durée d'au moins une saison de douze mois et d'au plus cinq ans (art. L. 222-2-4), avec des exceptions pour les contrats signés en cours de saison ou pour un remplacement.
Quand l'entraînement est-il l'activité « principale » ? La Charte tranche à l'article 650 bis : l'entraîneur qui consacre plus de 50 % de son temps de travail au club à préparer et encadrer des sportifs professionnels conclut un CDD spécifique. Dans le cas contraire, c'est un CDI.
Les règles propres à la Charte
- Durée minimale : le premier contrat dans un club de l'entraîneur responsable de l'équipe première, titulaire du BEPF, d'une équivalence ou d'une dérogation, est conclu pour deux saisons au moins (art. 656). En cours de saison, le club peut en revanche signer un nouvel entraîneur pour la durée restante.
- Homologation : le contrat est écrit, établi via iSphere et transmis à la LFP dans les quinze jours suivant la signature (art. 654). Un avenant de résiliation doit, lui, partir dans les cinq jours.
- Accords cachés : une contre-lettre non soumise à homologation expose le club et l'entraîneur en charge de l'équipe première à une amende de 15 000 à 20 000 € chacun, sans préjudice d'autres sanctions (art. 654).
- Clauses interdites : toute clause libératoire ou résolutoire permettant à une partie de rompre seule le contrat est prohibée (art. 654). Le Code du sport va dans le même sens : les clauses de rupture unilatérale pure et simple sont nulles (art. L. 222-2-7).
Piège fréquent. On lit parfois qu'une « clause de départ » bien rédigée protège ton client si un grand club l'appelle. Faux : un document contractuel qui comporte une telle clause est rejeté à l'homologation, et s'il est caché, il est déclaré nul et peut entraîner des sanctions disciplinaires (art. 654 de la Charte).
Si le contrat ne respecte pas les règles de fond et de forme des articles L. 222-2-1 à L. 222-2-5, il est réputé conclu à durée indéterminée, et le fait de méconnaître ces règles est puni d'une amende de 3 750 € (art. L. 222-2-8). Pour le détail côté joueurs, relis notre article sur la Charte et le contrat du joueur, et pour la logique du droit du travail, le droit du travail sportif à l'épreuve générale.
Les diplômes : la condition d'emploi de ton client
Avant son premier match, un entraîneur doit avoir le bon diplôme. Le principe vient de l'article L. 212-1 du Code du sport : seuls les titulaires d'un diplôme, d'un titre à finalité professionnelle ou d'un certificat de qualification peuvent, sauf exceptions prévues par le Code, entraîner contre rémunération.
La Charte décline ce principe club par club (art. 653). En Ligue 1 comme en Ligue 2, un club professionnel doit notamment employer :
- un entraîneur titulaire du BEPF ou d'une dérogation, responsable de l'équipe professionnelle, à temps complet ;
- un entraîneur adjoint titulaire du BEF, ou en cours d'obtention, ou de son équivalence (licence UEFA A) ;
- un entraîneur des gardiens titulaire du CEGB Pro, ou en cours d'obtention, ou de son équivalence (licence UEFA A Goalkeeper).
La liste continue pour le centre de formation (BEFF) et les divisions inférieures : DES ou BEES 2 en National 2, BEF en Régional 1. L'entraîneur BEPF en charge de l'équipe première doit en outre être présent sur le banc à chaque rencontre officielle (art. 653).
Le Statut des éducateurs et entraîneurs ouvre une porte étroite : un club de L1, L2 ou L3 peut, en promotion interne, engager un entraîneur titulaire du DES ou du BEES 2, à condition qu'il ait entraîné dans le club de façon continue pendant les douze mois précédents et qu'il suive effectivement une formation au BEPF (art. 12).
À retenir. Au niveau international, l'annexe 2 du RSTJ interdit de subordonner la validité du contrat de l'entraîneur à l'obtention d'une licence d'entraîneur spécifique. En contrepartie, c'est au club de vérifier, pendant le recrutement, que l'entraîneur remplit les exigences, par exemple la licence requise.
Représenter un entraîneur : ce que disent la FFF et la FIFA
En France
Le règlement FFF applique aux entraîneurs le même cadre qu'aux joueurs. Tu ne peux représenter un entraîneur qu'en vertu d'un contrat d'agent sportif écrit, pour une durée de deux ans au plus, sans reconduction tacite (art. 6.2.1). Le Code du sport autorise désormais jusqu'à trois ans, mais laisse chaque fédération fixer une durée plus courte (art. L. 222-17) : en football, retiens les deux niveaux. Tu n'agis que pour une seule des parties, et tu transmets le contrat d'agent à la FFF dans le mois de sa signature.
L'entraîneur a lui aussi des obligations : il vérifie que tu détiens une licence valide avant de signer (art. 6.2.1 et 6.7), et ton nom doit apparaître sur le contrat négocié par ton entremise. Le Statut des éducateurs et entraîneurs le rappelle pour l'homologation : le contrat fait apparaître les agents intervenus et la partie représentée par chacun d'eux (art. 18).
À l'international
Le règlement FIFA s'applique aux accords de dimension internationale. Pour un entraîneur, cette dimension existe quand l'opération concerne son départ vers un club affilié à une autre association membre que celle de son précédent employeur, ou vers une autre association membre (art. 2). Dans ce cas :
- l'accord de représentation avec un individu ne peut excéder deux ans, toute clause de renouvellement automatique est nulle, et un seul accord à la fois est possible avec la même personne (art. 12) ;
- avant de signer ou de modifier l'accord, tu informes l'entraîneur par écrit qu'il devrait envisager un avis juridique indépendant, et tu obtiens sa confirmation écrite (art. 12) ;
- le contrat de travail conclu grâce à tes services mentionne ton nom, ton client, ton numéro de licence et ta signature (annexe 2 du RSTJ, point 2).
Représenter à la fois l'entraîneur et le club d'arrivée suppose le consentement écrit préalable des deux (art. 12) : lis double représentation et conflit d'intérêts.
Ta rémunération : 10 % en France, prudence côté FIFA
Le règlement FFF traite joueurs majeurs et entraîneurs dans le même article (art. 6.2.2) : ta rémunération ne peut excéder 10 % du montant du contrat conclu, tous agents confondus. Le contrat d'agent précise le montant, la partie qui te paie et les modalités de paiement. Le club peut régler tout ou partie de la somme à la place de l'entraîneur, par accord entre les parties ; le Code du sport exige alors une convention tripartite qui précise les conséquences fiscales et sociales (art. L. 222-17). Et rien n'est versé avant la transmission du contrat d'agent à la FFF (art. 6.4).
Un calcul pour fixer les idées : la Charte fixe le salaire brut minimum de l'entraîneur BEPF responsable de la section professionnelle à 8 750 € par mois en Ligue 2 (art. 800). Deux saisons à ce minimum font 210 000 € bruts ; si l'on retient ce montant, le plafond de l'agent serait de 21 000 €. Il s'agit d'un plafond légal : il ne renseigne pas sur les montants réellement pratiqués.
Côté FIFA, l'indemnité est en principe payée par le client lui-même, sur facture. Exception : si la rémunération annuelle négociée de l'entraîneur ne dépasse pas 200 000 USD, hors paiements conditionnels, le club d'arrivée peut payer pour lui, sans déduire la somme de son salaire (art. 14). L'article 15 prévoit par ailleurs des plafonds en pourcentage de la rémunération de l'individu, mais certaines dispositions du règlement, dont ce plafonnement, ont été suspendues après une décision de justice en Allemagne (tribunal de Dortmund). Tout le détail dans notre article sur la rémunération de l'agent.
À noter : l'article L. 222-7 couvre aussi le contrat d'exploitation de l'image prévu à l'article L. 222-2-10-1, ouvert aux entraîneurs professionnels (voir le droit à l'image du sportif).
Le banc ou le bureau d'agent : il faut choisir
Beaucoup de candidats viennent du terrain, et c'est là que ça coince. L'article L. 222-9 du Code du sport interdit d'obtenir ou de détenir la carte à toute personne qui exerce, ou a exercé au cours des douze mois précédents, dans la discipline concernée et dans un club employant des sportifs contre rémunération, une fonction de membre de l'encadrement sportif, à titre bénévole ou rémunéré. Le règlement FFF vise les fonctions « d'entraînement sportif » exercées dans l'année écoulée (art. 3.1).
La règle joue aussi dans l'autre sens : un agent ne peut pas prendre une telle fonction s'il détient la carte ou l'a détenue au cours des douze mois précédents (art. L. 222-10).
Le mot du coach. Tu entraînes des U15 le week-end, bénévolement, dans un club qui a une section professionnelle ? Le texte vise les fonctions exercées « à titre bénévole ou rémunéré ». Pose la question à la C.F.A.S. avant de déposer ton dossier plutôt qu'après ta réussite : le règlement FFF prévoit qu'un candidat qui se trouvait, au moment de son inscription, dans certains cas d'incompatibilité ou d'incapacité perd le bénéfice de son examen (art. 3.3).
Autre point à connaître si tu montes une structure : les dirigeants, associés ou actionnaires de ta société d'agent ne peuvent pas être des sportifs ou des entraîneurs pour lesquels tu peux exercer (art. L. 222-14 ; art. 6.1 du règlement FFF).
Côté FIFA, le candidat ne doit pas être officiel ou employé d'un club, d'une ligue ou d'une association membre (art. 5). Un entraîneur salarié d'un club ne peut donc pas être agent FIFA en même temps. La liste complète des cas se trouve dans notre guide des incompatibilités.
Ce que l'examen en retient
À l'épreuve spécifique, l'entraîneur ne fait pas l'objet d'un bloc séparé : il apparaît dans le Règlement des agents sportifs FFF, dans la Charte du football professionnel, dans le règlement FIFA sur les agents et dans l'annexe 2 du RSTJ. Les articles L. 222-2 et suivants du Code du sport relèvent, eux, du programme de l'épreuve générale. Pour voir où se placent ces textes, parcours le programme de l'épreuve spécifique.
Pour vérifier que ces chiffres sont installés, lance le quiz ou l'essai gratuit, sans carte bancaire, et regarde ce qui résiste.
Sources
- Code du sport, articles L. 212-1, L. 222-2 à L. 222-2-10-1 et L. 222-7 à L. 222-20, dans leur rédaction issue de la loi n° 2026-725 du 3 août 2026 (legifrance.gouv.fr).
- Charte du football professionnel (CCNMF), édition 2026/2027, titre 4 (art. 650 à 663) et annexe générale n° 2.
- Règlement des agents sportifs de la FFF, édition 2026-2027, et Statut des éducateurs et entraîneurs du football (fff.fr).
- Règlement FIFA sur les agents de football, en vigueur au 1er janvier 2025, et Règlement du Statut et du Transfert des Joueurs, annexe 2 (fifa.com).
Questions fréquentes
Faut-il une licence particulière pour être agent d'entraîneurs ?
Non. La même carte professionnelle d'agent sportif permet de représenter joueurs, entraîneurs et clubs. En France, elle est délivrée par la FFF après l'épreuve générale et l'épreuve spécifique ; pour les opérations internationales, il faut la licence FIFA.
Le plafond de 10 % s'applique-t-il aux entraîneurs ?
Oui. L'article 6.2.2 du règlement FFF vise expressément les joueurs majeurs et les entraîneurs : 10 % du montant du contrat conclu au maximum, tous agents confondus. L'article L. 222-17 du Code du sport pose le même plafond.
Un entraîneur en poste peut-il devenir agent ?
Pas tant qu'il entraîne dans un club employant des sportifs contre rémunération, ni pendant les douze mois qui suivent la fin de cette fonction (art. L. 222-9 du Code du sport ; art. 3.1 du règlement FFF).
Le métier d'agent
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